Norbert MARTIN - UNC-AFN-Boissiere-montaigu

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Norbert MARTIN

Les cérémonies

A TA MEMOIRE

Norbert MARTIN









       Mardi, à 14 heures 30, toute la population qui n'était pas retenue par le travail était venue à la cérémonie que célèbre dans l'église l'Abbé Louis CAILLAUD, curé de la paroisse. On notait la présence de M CHAIGNEAU, Maire, du  commandant DARCQ, représentant la région militaire, M RIVIERE, maire des landes Génusson, de nombreux conseillers municipaux et la plupart des jeunes de la classe 1972. Un détachement venu de Nantes rendait les honneurs.

      Le cierge était porté par M Alain LE MOEL, le Christ par M Guy BONNET, le coussin des décorations par M JAMIN, les cordons du poële étaient tenus par MM Auguste GUEDON, Siméon DAUGER, Gérard BOUHIER et Jean Pierre CHARRIER.


     En tête du cortège funèbre qui se rendit au cimetière avançait derrière leurs drapeaux, les Anciens Combattants et les Anciens Prisonniers.


    Le discours du Docteur CHAIGNEAU, Maire de la Commune de la Boissière de Montaigu, nous rappelle toute l'émotion de cette cérémonie.



La disparition brutale d'un jeune soldat au combat, frappe nos imaginations, avec un sentiment de très grande tristesse, de sympathie chaleureuse pour ses parents et sa famille, et aussi d'une fierté incontestable.



 Le soldat qui se bat pour faire honneur à son uniforme, à son drapeau, quel que soit le lieu, le pays où il peut être envoyé, est un brave qui a notre respect et notre admiration.




 Norbert MARTIN, né à la Boissière de Montaigu, le 24 avril 1952, engagé volontaire dans cette arme d'élite, les parachutistes, le 27 mai 1969, à 17 ans, est affecté au 1er Régiment Parachutiste d'Infanterie de Marine, à Bayonne.

      Le 6 janvier 1970, il quitte la France par Marseille, destination le Tchad, ou sa compagnie est envoyée.

 Norbert était un garçon courageux, remuant, bouillant, convaincant, plein d'allant. Il était de ces hommes de caractère, qui sont le fer de lance, les précurseurs de la grandeur de leur Pays.

    Oui, Norbert, tu ressentais l'appel du grand large et de l'action, comme les explorateurs ou navigateurs partant naguère à l'aventure dans les immensités inconnues.

     Tu étais de la trempe de ces garçons, devenus plus tard les "Grognards", qui avec Napoléon ont inscrit une des plus glorieuses page d'histoire de la France.

    Tu avais le cran de ces jeunes Résistants de 40/45. Sans aucun doute, tu aurais lutté avec eux contre l'envahisseur.

   Tu as vécu la vie, hélas trop courte, que tu avais choisie toi-même, avec ton rêve, ton dynamisme et ton jeune enthousiasme, cela nous le savons et le comprenons très bien.

     Il nous reste maintenant à demander à Dieu, de te prendre dans son paradis des soldats et des braves. Qu'il te reçoive auprès de tous ces Héros mort au Combat depuis le début du siècle, sur les divers champs de bataille. que ce soit dans la boue des tranchées, les collines ou les plaines, le froid, l'obscurité des cachots, ou les camps de Gestapo.

    Que ce soit sur Mer, dans les airs, les sables ou les rochers, face au soleil, comme toi.

    Nous connaissons sa miséricorde très grande, pour ceux qui tombent en Service Commandé, et nous savons qu'il aime avec prédilection, la bravoure, l'esprit de droiture, le sacrifice.

  Nous te disons Au Revoir Norbert, en nous inclinant devant ta jeunesse, ton esprit d'aventure, ton courage.

   A nos amis, Monsieur et Madame Georges MARTIN, tes parents, très estimé et éplorés, qui peuvent être fiers de toi, à ta famille entière consternés, je vous présente au nom de la commune, en cette instant de trés grande émotion, l'affectueuse et amicale sympathie, de nous tous, habitants de la Boissière.


    
Un peu d'histoire

     La région actuelle du Tchad, semble avoir été assez peuplée à une époque très reculée, à en juger par les gravures rupestres nombreuses dans la Tibesti et l'Ennedi.

    Elle fut ensuite, à partir du VIII siècle, le siège du royaume de Kanem.

     A partir du XI siècle, arrivèrent des tribus arabes, qui introduisirent l'Islam.

     Au XIX siècle, divers voyageurs européens en visitèrent les abords.

      A cette période, les rois locaux étaient menacés par les négriers égyptiens. Les français commencèrent à établir leur protectorat à la fin du siècle. Le Tchad, territoire incorporé à l'Afrique Equatoriale Française, ne se constitue en colonie qu'en 1922.

     Le Tchad devient république en 1958, et acquiert son Indépendance en 1960. Depuis, la paix reste fragile, dans cette région d'Afrique et les forces Françaises sont toujours présentes sur le territoire Tchadien. Leurs objectifs étaient de rétablir la liberté des communications, de réduire les zones d'insécurité et de réorganiser l'armée Tchadienne.

      C'est précisément, une de ces trois compagnies de ce régiment envoyée à Largeau qui, comme d'autre déjà, s'est laissée surprendre le samedi 11 octobre 1970, par quatre groupes de nomades en tenue de goumiers embusqués dans un défilé de falaises blondes d'éboulis rocheux, au cœur de l'immense désert minéral du Tchad septentrional.

      La colonne motorisée, forte de 120 hommes, leur a servi de cible.

     Norbert MARTIN est tombé à 18 ans dans cette embuscade qui a également fauché en pleine jeunesse dix autres militaires et en a blessé douze.

     Engagé dans les parachutistes du 6éme Régiment Inter armes Outre Mer, basé à Fort Lamy, il courait, comme eux les risques du métier.

      Le commandant du 6é RIAOM relatait les circonstances de sa mort dans ces termes:

    "La 6ème compagnie Parachutisme d'Infanterie de Marine à laquelle appartenait Norbert MARTIN était partie, une fois encore, en opération dans le Burkou-Ennedi-Tibesti situé dans le nord du Tchad et venait d'effectuer une reconnaissance vers Bedo, à 80 km au nord de Largeau, la préfecture.

    Sur le chemin du retour, vers 18 h 30, les véhicules de tête de la compagnie étaient brusquement pris à parti par les rebelles embusqués.

    Dés l'engagement, onze sous-officiers et soldats tombaient mortellement blessés tandis que plusieurs autres étaient touchés.












     Les autres éléments de la compagnie réagissaient immédiatement portant secours, interdisant aux rebelles d'exploiter la surprise initiale et restaient maîtres du terrain.

       Norbert était le cadet d'une famille d'agriculteur de douze enfants, né en avril 1952, à la Boissière de Montaigu.

       Norbert MARTIN atteint de plusieurs balles, avait été tué sur le coup..."

       Norbert MARTIN est mort en soldat.

    
Un hommage très émouvant lui est rendu, ce dimanche 29 octobre 2000, à la Boissière de Montaigu.

 

    Tout au cours de la matinée, des cérémonies se sont déroulées pour honorer la mémoire de Norbert MARTIN, mort pour la France, le 11 octobre 1970.




       Engagé volontaire au 6éme régiment inter armes d'outre-mer, quand il a été tué, ainsi que dix de ses camarades, le 11 octobre 1970, au Tchad, dans la région de Bedo, lors d'un engagement avec les rebelles. Il avait 18 ans.

        Dimanche 29 octobre 2000, à partir de 10 h 30, la place Notre Dame, de la Boissière de Montaigu, n'était pas assez grande pour regrouper sa famille, la municipalité, la section UNC-AFN locale, les associations patriotiques du département, ainsi que tous les sympathisants.

        Peu avant 11 h, entraîné par la fanfare Saint René des Landes Génusson, un cortège impressionnant avec plus de soixante drapeaux a pris la direction de l'église où un office religieux était célébré.

        A l'issue de la messe, le défilé s'est reformé pour se rendre au cimetière.

        Une première cérémonie s'est déroulée devant la tombe de Norbert MARTIN. Plusieurs gerbes ont été déposées sur la dalle de marbre : une par Gilles Martin  au nom de sa famille, une par la classe 52 ainsi que le dépôt d'une palme par l'UNC-AFN locale, enfin 18 enfants de l'école ont eux aussi déposé chacun une rose.

       Puis, il y a eu un autre moment de recueillement tout près de là, devant le monument aux morts. Le nom du jeune soldat disparu a rejoint le nom de ceux qui sont morts au cours des autres guerres. Sonnerie, minute de silence, hymne national ont rappelé le sacrifice des hommes qui ont donné leur vie pour la France.

         Le 14 mai 2005, un hommage particulier lui était rendu par les anciens de sa Compagnie de Parachutiste d'Infanterie de Marine. Sa famille, de nombreuses personnalités étaient présente à cette commémoration.

         Norbert, notre ami;

         Fin 1970, l'insécurité qui règne dans les massifs du Borkou, de l'Ennedi et du Tibesti, à l'extrême nord du Tchad, amène ton unité, la 6ème compagnie Parachutiste d'Infanterie de Marine, à s'engager dans des opérations contre la rébellion.

    Au cours de l'embuscade qui lui est tendu à Bedo, l'après midi du 11 octobre, la 6ème CPIM a fait une quarantaine de morts chez les rebelles, mais elle lui coûte onze tués et plusieurs blessés graves, appartenant au 1er commando, ton commando, qui assurait l'ouverture de la route.

     Mortellement blessé, dès le début du combat, tu trépasses quelques minutes après, en ayant auparavant, malgré ta souffrance et dans un ultime réflexe de courage et d'abnégation, mis ta baïonnette au canon de ton fusil, pour continuer le combat. Tu as à peine dix huit ans et demi.

         Ce n'était pas ton premier accrochage, depuis neuf mois que tu étais arrivé au Tchad. Tu étais en fin de séjour, c'était sans doute ta dernière prise de risque. Ainsi va le destin.

          Pour ta nombreuse famille, dont tu étais le "petit dernier", la peine reste inconsolable. Quant à tes camarades de combat de l'époque, nous même, nous fûmes, par les hasards de la vie, dispersés sur d'autres théâtres d'opérations, sans avoir eu le loisir de nous souvenir de ton sacrifice et de pleurer.

         La nation t'a conféré la Médaille Militaire et décerné la Croix de la Valeur Militaire en te citant à l'ordre de l'armée. La jeune République Tchadienne, pour sa part, t'a remis le Mérite militaire Tchadien.

        Nous, les membres de ton unité,  plus de 34 années après ce drame, aujourd'hui, sommes là, près de toi, en présence de ta famille et de tes amis, pour nous souvenir et t'honorer.
       Nous déposons sur ta sépulture, cette plaque de marbre aux armes de notre unité qui, comme notre amitié, résistera au temps.

                             Jackie NEAU, lieutenant chef du 1er commado.

Norbert, pour que ton souvenir reste.

 
 
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