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Les Colonies pendant la Grande guerre

Les reportages > Centenaire 14-18



LES COLONIES FRANCAISEs PENDANT LA GRANDE GUERRE
1914  -  1918


    A la veille de la Grande Guerre, tirailleurs, spahis et goumiers indigènes côtoient les unités composées de métropolitains de l’armée d’Afrique, légion étrangère, zouaves, chasseurs d’Afrique et infanterie légère d’Afrique.
     Le défilé du 14 juillet qui se déroule traditionnellement à Longchamp, voit en 1913 s’affirmer le rôle des troupes issues de l’Empire.
     Les unités de tirailleurs algériens récemment créées notamment reçoivent leurs drapeaux.



LES TUNISIENS ET LA PREMIERE GUERRE MONDIALE
1914 – 1918


     Le nombre total des Tunisiens ayant participé à ce conflit s’éleva à 80 339 hommes.
     38251 furent envoyés sur le front français formant 21 régiments mixtes de marches.
     8 000 firent partie du corps expéditionnaire d’Orient.
     Les pertes s’élevèrent à 35 900 tués pour une population totale de 1 800 000 habitants.
     Le 2 août 1914, à la déclaration de guerre, on comptait7 500 Tunisiens aux armées et 4 000 stationnés en Afrique du Nord.
     Les engagés furent peu nombreux, 2 500 pour les 6 premiers mois de guerre.
     Au 1er décembre 1917, soit un peu plus de 3 ans après le début du conflit, la Tunisie avait fourni 71 000 hommes se répartissant ainsi ;
   12 000  étaient  sous  les  drapeaux à la déclaration de guerre, 14 100 rappelés, 3 900 engagés, 18 500 appelés pour les classes 14, 15, 16 et 17, auxquels il faut ajouter 10 300 travailleurs coloniaux et 12 000 ouvriers agricoles qui constituaient les ajournés.



LES ALGERIENS ET LA PREMIERE GUERRE MONDIALE
1914 – 1918


     Rappelons que bien avant le début des hostilités qui devaient marquer le déclenchement de la Première Guerre Mondiale, la France coloniale disposait déjà de militaires algériens connus sous les noms de Spahis, au nombre de 600, et de tirailleurs au nombre de 28 930 hommes.
     Au fur et à mesure que la France  s’engageait dans la guerre, le nombre d’Algériens mobilisés sous différents statuts atteindra :
82 751 appelés, 87 519 engagés et 2 479 réservistes, soit un total de 172 749 soldats algériens ayant combattu du côté de la France et de ses alliés de 1914 à 1918.


     Les zouaves sont des unités françaises d’infanterie légère appartenant à l'Armée d'Afrique.
     Souvent associés à l'image des batailles du Second Empire et connus pour leur uniforme singulier, ces unités ont existé de 1830 à 1962.
     Les régiments de zouaves sont avec les régiments de tirailleurs algériens parmi les plus décorés de l'armée française, juste après le régiment d'infanterie coloniale du Maroc et le régiment de marche de la Légion étrangère.
     Le terme zouave vient du berbère zwawa ou zouaoua (au singulier : zouaoui ), nom d'une tribu kabyle.
    Après les premières batailles, l’état-major consent à réformer la tenue du Zouave, dite « à l'orientale », jugée trop voyante et inadaptée pour le théâtre des opérations en métropole (de même que celle du tirailleur), en adoptant en 1915, la tenue de drap kaki, dite « moutarde », si caractéristique de l’armée d’Afrique et des troupes coloniales d’alors.
     Seules la chéchia et la ceinture de laine bleue permettent alors de discerner les Zouaves des autres combattants français, et de très près, les pattes de collet de fond kaki à soutaches et numéros garance.






Groupe de spahis
Pendant la
Grande Guerre


LES MAROCAINS ET LA PREMIERE GUERRE MONDIALE
1914 – 1918


     Le Maroc, sous protectorat français depuis seulement 1912, participe à hauteur de plus de 40 000 hommes.
     Dès septembre 1914, les tirailleurs marocains se distinguent dans les combats de la Marne, aux portes de Paris.
    Surnommés les "hirondelles de la mort" du fait de leur acharnement au combat lors de la guerre de tranchées (1915-1917), les soldats marocains se retrouvent dans la fournaise de Verdun (1916) et à l’assaut du Chemin des Dames (avril 1917).
     Les spahis marocains quant à eux s’illustrent dans l’armée d’Orient au cours de l’année 1917, en Albanie notamment.
     A l’issue de la contre-offensive victorieuse des alliés contre les Allemands qui conduit à l’armistice du 11 novembre 1918, le bilan des pertes humaines est difficile à établir mais peut être évalué à 11 000.
     Un homme sur sept ne rentre pas au pays soit à peu près le même nombre que pour les poilus français.








Tirailleurs marocains







Spahis marocains
Nouvelle tenue

L’AFRIQUE NOIRE ET LA PREMIERE GUERRE MONDIALE
1914 – 1918


     Les tirailleurs sénégalais ne sont pas nécessairement sénégalais, ils sont recrutés dans toute l’Afrique.
     Certains Sénégalais, nés Français dans les quatre communes françaises de plein exercice du Sénégal, ne sont pas considérés comme tirailleurs mais l’égalité avec les blancs n’était pas encore la règle.
     Les tirailleurs sénégalais sont un corps de militaires constitué au sein de l’Empire colonial français en 1857, principal élément de la « Force noire ».
     En 1914-1918, ce sont environ 200 000 "Sénégalais" de l’AOF qui se battent dans les rangs français, dont plus de 135 000 en Europe.
     30 000 d’entre eux y ont trouvé la mort, et nombreux sont ceux qui sont revenus blessés ou invalides. Soit un sur cinq qui ne reverront pas leur patrie.
    De nombreux Africains sont morts sur les champs de bataille français de la Première Guerre mondiale, 72 000 combattants de l’ex-Empire français sont morts entre 1914 et 1918, « fantassins marocains, tirailleurs sénégalais, tunisiens, algériens, soldats de Madagascar, d’Océanie, d’Indochine (Cochinchine, tirailleurs annamites) Marsouins d’infanterie de marine »


     


     Le président de la République, Raymond POINCARÉ et le général MANGIN passent en revue un régiment de tirailleurs sénégalais à Fismes dans la Marne, le 2 avril 1917


LES INDOCHINOIS ET LA PREMIERE GUERRE MONDIALE
1914 – 1918


     À la mobilisation, les unités stationnées en Indochine regroupent le 11e régiment d’infanterie coloniale (RIC), constitué d’Européens dont les 4 bataillons stationnent en Cochinchine.
     Dès 1912, l’emploi des Indochinois lors d’une guerre en Europe est envisagé et le général PENNEQUIN estime même pouvoir mobiliser jusqu’à 20 000 hommes.
     Un premier contingent d’Indochinois recrutés comme infirmiers ayant donné satisfaction, les troupes coloniales s’emploient ensuite à recruter massivement des tirailleurs intégrés dans des bataillons d’étapes, chargés de travailler au soutien des opérations à proximité immédiate du front : construction et entretien des routes et des voies ferrées, acheminement du ravitaillement, aménagement des cantonnements.
      4 800 tirailleurs sont également affectés au front, au sein de 4 bataillons combattants.
     Formé à Sept Pagodes le 16 février 1916, entraîné jusqu’en avril 1917 dans les camps du sud-est à Fréjus, le 7e BTI est affecté à la 19e division et voit ses compagnies amalgamées aux différents régiments d’infanterie dont il renforce les effectifs.
      Il participe aux combats du Chemin des Dames, en mai 1917, et des Vosges, en juin 1918.
      Parmi les combattants indochinois, 1 123 hommes sont morts au combat.


     Parallèlement aux tirailleurs indigènes, l’administration s’emploie également à recruter en Indochine des travailleurs coloniaux : 4 631 en 1915, 26 098 en 1917, 11 719 en 1917, 5 806 en 1918 et 727 en 1919, soit un total de 48 981 travailleurs venus en complément des tirailleurs indochinois.
     Administrés par le service des travailleurs coloniaux, ces hommes sont encadrés de façon militaire et employés tout aussi bien comme ouvriers non spécialisés que comme spécialistes, y compris dans les nouvelles technologies de l’époque, dans l’industrie automobile ou aéronautique où leur « habileté » reconnue trouve à s’employer avec efficacité.




LES VIEILLES COLONIES ET LA PREMIERE GUERRE MONDIALE
1914 – 1918


     La conscription dans les « vieilles colonies » (Guadeloupe, Guyane, Martinique, Réunion) est sans cesse revendiquée comme un droit, une marque d’égalité, par leurs parlementaires, en particulier Gratien Candace, mais ce n’est qu’en octobre 1913 que la loi sur le recrutement militaire de 1905 est appliquée à leurs habitants.
     Citoyens français depuis 1848, les conscrits sont incorporés dans les rangs des régiments d’infanterie coloniale du midi de la France. Dès août et septembre 1914, des Guadeloupéens tombent lors de la bataille des frontières ou sur la Marne ; les sergents Bambuck et Antenor de Grand-Bourg et le caporal Pitot de Basse-Terre figurent parmi les premiers morts de la Grande Guerre.
     Début 1915, 12 150 Antillais sont recensés et un premier contingent s’embarque pour la métropole. De 1914 à 1918, 101 600 Martiniquais, Guadeloupéens, Guyanais sont recensés, 28 984 incorporés et 16 880 dirigés vers les zones des armées ; La Réunion mobilise 6 000 de ses fils. Au total, 2 556 natifs des « Vieilles Colonies » ne reviendront pas de la guerre. Quant aux possessions du Pacifique, la Nouvelle-Calédonie fournit au front 1 134 volontaires mélanésiens dont 374 trouvent la mort au champ d’honneur et 167 sont blessés, sur les 2 290 hommes du bataillon du Pacifique recrutés en Polynésie, 332 sont tués au front.


 
 

LES MALGACHES ET LA PREMIERE GUERRE MONDIALE
1914 – 1918

     Plus de 30 000 tirailleurs malgaches participent à la guerre tandis que 5 355 travailleurs œuvrent dans les usines d’armement ou les chantiers de la Défense nationale. Parmi les combattants, 10 000 hommes sont incorporés dans les régiments d’artillerie lourde et 2 500 servent comme conducteurs d’automobile.
     Les autres mobilisés forment 21 bataillons d’étapes, indispensables à l’entretien des voies et à l’approvisionnement des premières lignes.
     Plusieurs d’entre eux sont cependant engagés directement au front, dont le 1er bataillon venu de Diego-Suarez en 1915 et surtout le 12e bataillon.
     Mis sur pied en octobre 1916 à partir des 12e et 13e compagnies malgaches, il compte également une compagnie comorienne.
     Envoyé sur le front de l’Aisne en 1917, il s’y couvre de gloire en particulier lors des combats de la tranchée de l’Aviatik où il perd 13 Européens et 74 Malgaches et Comoriens.
     Le 21 septembre 1917, il repousse un assaut des troupes allemandes dans le bois de Mortier.
     En mai, le bataillon défend Villeneuve-sur-Fère où tombe le chef de bataillon Groine.
     Après avoir reçu une autre citation, l’unité est affectée à la division marocaine et le 18 juillet s’empare du village de Dommiers, perdant 10 officiers et 126 hommes.
     Une nouvelle citation lui permet alors de porter la fourragère aux couleurs du ruban de la croix de guerre.

     Au cours de la Grande Guerre, les Malgaches et Comoriens perdent 3 010 tués et 1 835 blessés

         Un bilan très lourd

      Au total, entre 1914 et 1918, plus de 565 000 soldats indigènes ont servi dans l'Armée coloniale:

     - 181 512 tirailleurs dits « sénégalais » mais venant en réalité de toute l'Afrique occidentale et équatoriale française, les plus nombreux, répartis au sein de 141 Bataillons de tirailleurs africains qui constituaient l'essentiel de ce que le général MANGIN appelait « la Force noire » ;
      - 175 000 Algériens, dont 35 000 tués ou disparus.
      -   40 000 Marocains, dont 12 000 tués ou disparus.
      -   80 000 Tunisiens, dont 21 000 tués ou disparus.
     - 180 000 Africains noires dont 25 000 tués ou disparus.
      -   41 355 Malgaches, dont 3 100 tués ou disparus.
      -   48 922 Indochinois, dont 1123 tués ou disparus.
      -     2 434 Somalis.
       -   1 067 Canaques et Polynésiens.

     A la fin de la guerre en novembre 1918, leurs pertes totales s'élevaient à 97 100 tués ou disparus.


 
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