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L'entrée en guerre

Les reportages > Centenaire 14-18

Entrée des États-Unis dans la Première Guerre mondiale


       L'entrée dans la Première Guerre mondiale des États-Unis se produisit en avril 1917, après deux ans et demi d'efforts déployés par le président Woodrow Wilson pour garder les États-Unis neutres dans cette guerre.
       Exceptée une partie anglophile soutenant les Britanniques, l'opinion publique américaine était neutre dans les premières années de guerre.
       Le sentiment de neutralité était fort chez les Irlando-Américains, Germano-Américains et Suédo-Américains1, ainsi que parmi les dirigeants de l'Église et les femmes.
       D'autre part, avant même que la guerre n’éclatât, l'opinion américaine envers l'Allemagne était déjà plus négative qu’envers n’importe quel autre pays en Europe.
       Les citoyens en vinrent de plus en plus à considérer l'Empire allemand comme un ennemi après les atrocités en Belgique en 1914 et l’attaque du paquebot RMS Lusitania en mai 1915.
       Wilson avait pris toutes les décisions clés et maintenu l'économie sur une base de temps de paix, tout en permettant des prêts à grande échelle à la Grande-Bretagne et la France.
       Pour ne pas émettre de menace militaire, Wilson n'entreprit que des préparations minimales pour la guerre et conserva l'armée de terre américaine sur son petit format de temps de paix, malgré la demande croissante en matière de préparation. Cependant, il fit augmenter la taille de la marine américaine.
       Au début de 1917, l'Allemagne décida de reprendre la guerre sous-marine tous azimuts contre tout navire commercial se dirigeant vers la Grande-Bretagne, bien que cette décision signifiait presque certainement la guerre avec les États-Unis.
        L'Allemagne offrit également une alliance militaire au Mexique contre les États-Unis via le télégramme Zimmermann. La publication de cette offre d’alliance outragea les Américains alors qu'au même moment, les sous-marins allemands commençaient à couler des navires américains dans l'Atlantique Nord.
        Wilson demanda au Congrès d’autoriser « une guerre pour mettre fin à toutes les guerres » qui « rendrait le monde sûr pour la démocratie », et le Congrès vota pour déclarer la guerre à l'Allemagne le 6 avril 1917. Le 7 décembre 1917, les États-Unis déclarèrent la guerre à l'Empire austro-hongrois.

      

                      Les soldat parade à Broadway                                                                 Arrivée des soldats à Saint Nazaire

       Le blocus fut une stratégie indirecte mais cruciale utilisée par les deux parties. La marine britannique mis fin aux expéditions de la plupart des fournitures de guerre et de la nourriture à destination l'Allemagne. Les navires américains neutres qui tentaient de commercer avec l'Allemagne furent saisis ou refoulés. L'étranglement arriva très lentement, parce que l'Allemagne et les puissances centrales (ses alliés) contrôlaient de vastes terres agricoles et de mines de matières premières. Il fut finalement couronné de succès parce que l'Allemagne et l'Autriche-Hongrie avaient enrôlé énormément d'agriculteurs dans leurs armées. En 1918, les villes allemandes étaient sur le point de mourir de faim; les soldats en première ligne étaient à court de rations et à court de fournitures essentielles.

       L'Allemagne envisagea également le blocus. « L'Angleterre veut nous faire mourir de faim », déclara l'amiral Alfred von Tirpitz, l'homme qui bâtit la marine impériale allemande et qui resta un proche conseiller de Guillaume II. « Nous pouvons jouer le même jeu. Nous pouvons la mettre sous cloche et détruire tout navire qui cherche à briser le blocus ». Incapable de rivaliser avec la marine britannique plus puissante en surface, Tirpitz voulait effrayer les navires marchands et les navires de passagers en route vers la Grande-Bretagne. Il estimait que, comme l'île de la Grande-Bretagne dépendait des importations de denrées alimentaires, de matières premières et de produits manufacturés, effrayer un nombre important de navires aurait pour effet à long terme de saper sa capacité à maintenir une armée sur le front occidental. Alors que l'Allemagne disposait seulement de neuf U-boots à long rayon d’action au début de la guerre, elle avait des chantiers ayant de grande capacité de production pour construire les centaines de sous-marins requis. Cependant, les États-Unis exigeaient que l'Allemagne respecte les accords internationaux sur la « liberté des mers », qui protégeaient les navires américains neutres en haute mer de saisie ou d’attaque par l'un des belligérants. En outre, les Américains insistèrent sur le fait que la noyade de civils innocents était barbare et un motif pour une déclaration de guerre. Les Britanniques violèrent fréquemment les droits de l'Amérique alors neutres en saisissant des navires Le haut conseiller de Wilson, le colonel Edward M. House fit remarquer que « les Britanniques [étaient] allés aussi loin qu'ils le pouvaient dans la violation des droits des neutres, mais qu’ils l'[avaie]nt fait de la façon la plus courtoise ». Lorsque Wilson protesta contre les violations britanniques de la neutralité américaine, les Britanniques reculèrent.

    

      Les sous-marins allemands torpillèrent des navires sans avertissement, ce qui provoqua la noyade de marins et de passagers.

      Berlin expliqua que les sous-marins étaient si vulnérables qu'ils n'osaient pas faire surface près des navires marchands qui pouvaient être armés de canons et qu’ils étaient trop petits pour sauver les équipages. La Grande-Bretagne arma la plupart de ses navires marchands avec des canons de calibre moyen qui pouvait couler un sous-marin, ce qui rendait les attaques en surface très risquées.
      En février 1915, les États-Unis mirent en garde l'Allemagne à propos d’une mauvaise utilisation de ses sous-marins. Le 22 avril, l'ambassade impériale allemande aux États-Unis mit en garde les citoyens américains que monter à bord des navires à destination de la Grande-Bretagne était s'exposer à faire face à des attaques allemandes.
      Le 7 mai, l'Allemagne torpilla le paquebot britannique RMS Lusitania, le coulant. Cet acte d'agression causa la mort de 1 198 civils, dont 128 Américains.
      Le naufrage d'un grand navire de passagers, désarmé, combiné avec les histoires d'atrocités antérieures en Belgique, les Américains furent choqués et l'opinion publique devint hostile à l'Allemagne, mais pas encore au point de déclarer la guerre. Wilson émit un avertissement à l'Allemagne ; elle ferait face à sa « stricte responsabilité » si elle coulait d'autres navires de passagers américains neutres.
      Berlin acquiesça, ordonnant à ses sous-marins d’éviter les navires de passagers.

     En janvier 1917, cependant, le maréchal Paul von Hindenburg et le général Erich Ludendorff estimèrent que le blocus sous-marin sans restriction était le seul moyen de sortir de l'impasse sur le front occidental. Ils exigèrent que le Kaiser Guillaume ordonnât la reprise de la guerre sous-marine sans restriction.
     L’Allemagne savait que cette décision signifiait la guerre avec les États-Unis, mais ils parièrent qu'ils pourraient gagner la guerre avant que la potentielle force de l'Amérique ne pût être mobilisée. Cependant, ils surestimèrent le nombre de navires qu’ils pourraient couler et donc l’affaiblissement de la Grande-Bretagne. Enfin, ils ne prévoyaient pas que les convois pourraient et seraient utilisés pour contrecarrer leurs efforts.
     Ils croyaient que les États-Unis étaient si faibles militairement qu'il ne pourrait pas être un facteur décisif sur le front occidental pendant plus d'un an, une erreur qui allait finalement se révéler fatale pour l’Allemagne. Le gouvernement civil à Berlin s’y opposa, mais le Kaiser trancha en faveur de son armée.


       Un agent allemand chargé de la propagande laissa sa serviette dans le train, où un agent des services secrets en alerte le récupéra.
       Wilson laissa les journaux en publier le contenu, qui indiquait un effort systématique de Berlin pour subventionner les journaux amicaux et bloquer les achats britanniques de matériel de guerre. L'espion allemand, le débonnaire Franz Rintelen von Kleist dépensa des millions pour financer des sabotages au Canada, semer le trouble entre les États-Unis et le Mexique et inciter à des grèves.
       Les Britanniques faisaient également de la propagande, mais ils ne furent pas pris la main dans le sac.
       L'Allemagne en fut blâmée, les Américains étant de plus en plus inquiets vis-à-vis de la vulnérabilité d'une société libre face à la subversion.
       En effet, l'une des principales craintes des Américains de tous bords en 1916-1919 était que des espions et des saboteurs étaient présents partout.
       Ce sentiment joua un rôle majeur suscitant la peur de l'Allemagne, et la suspicion envers les personnes d'origine allemande qui ne pouvait pas « prouver » leur totale loyauté.
       En 1915, les Américains prêtaient une attention plus soutenue à la guerre.
       Le naufrage du Lusitania eut un effet important sur l'opinion publique en raison de la mort de civils américains. Cette année, un puissant mouvement de « préparation » émergea. Ses partisans firent valoir que les États-Unis avaient besoin de construire immédiatement des solides forces navales et terrestres à des fins défensives ; un non-dit était que l'Amérique aurait à se battre tôt ou tard.
       Le général Leonard Wood (encore en service actif après avoir servi comme chef d'état-major de l'armée), l'ancien président Theodore Roosevelt, et les anciens secrétaires à la guerre Elihu Root et Henry Stimson étaient les moteurs de ce mouvement, ainsi que de nombreux éminents banquiers, industriels, avocats et descendants de grandes familles.
       En effet, il apparut un mouvement « Atlantiste », un groupe d'Américains influents constitué principalement de membres de la classe supérieure : des avocats, des banquiers, des universitaires et des politiciens du Nord-Est, impliqués dans un internationalisme anglophile.
       Leur représentant était Paul D. Cravath, l'un des plus grands avocats de New York. Pour Cravath, au milieu de la cinquantaine quand la guerre commença, le conflit suscitât un intérêt pour les affaires internationales qui domina le reste de sa carrière. Farouchement anglophile, il soutint fortement l'intervention américaine dans la guerre et espérait qu’une proche coopération anglo-américaine serait la base de l'organisation internationale d'après-guerre.

    

 
 
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